Historique du C.F.L.S.

 

Lorsque en 1979, à l’instigation de Mme Anne Bochner (psychologue au Centre Comprendre et Parler), Max et Josette Rasquinet commencent des cours de langue des signes pour des parents, ils entraînent avec eux d’autres sourds dans cette aventure. Au départ, très inquiets, ils refusent mais A. Bochner les rassure en leur proposant le soutien d’un interprète et pédagogue entendant américain, Bill Moody, qui déjà aide à la mise en place de cours de langue des signes à Paris (futur International Visual Theater). C’est ainsi que Bill Moody vient une fois par mois à Bruxelles pour former à la manière de donner des cours de langue des signes et il se montre particulièrement attentif à préserver les caractéristiques propres à la langue des signes belge.

Des cours s’ouvrent également à Liège MAIS la langue des signes fait « peur » comme autrefois : « Et si les élèves sourds n’apprenaient plus suffisamment le français ? Comment les entendants vont-ils se débrouiller avec la langue des signes ? » La condition pour continuer des cours auprès des parents est donc d’en rester à du français signé. Mais pour les professeurs sourds, les cours de français signé étaient bien difficiles à donner !

De plus, le cloisonnement des élèves sourds en grosses institutions avait favorisé le développement de variantes régionales de langue des signes. Se posaient alors des questions : quels signes enseigner ? Ceux de Liège ? de Tournai ? de Bruxelles ? D’autres situations demandaient également une réflexion : quels signes vont être utilisés par un interprète du journal télévisé (en 1981) pour l’ensemble de la communauté sourde, par exemple ? Les signes liégeois ? bruxellois ? tournaisiens ? namurois ?

Dès 1979, devant les questionnements et la multiplicité des variantes régionales,

le groupe des premiers professeurs décident de créer l’Organisation de Recherches

et d’Unification de la Langue des Signes (O.R.U.L.S.), association de fait qui sera

englobée par la suite dans le Centre Francophone de la Langue des Signes (C.F.L.S.).

Objectifs poursuivis par le Centre

L’unification entreprise par le groupe O.R.U.L.S. consiste à rechercher, dans les variantes des signes, des signes de base qui puissent être proposés pour permettre un enseignement de la langue des signes tant pour la communication entre sourds et entendants que dans la perspective d’un enseignement bilingue tellement nécessaire pour les enfants sourds.

Afin de pouvoir développer les recherches et recevoir des subsides pour soutenir leurs travaux, les premiers professeurs sourds décident alors de fonder une asbl, en profitant de l’année des handicapés. En 1981, l’association voit le jour sous le nom de « Commission Francophone du Langage des Sourds » et deviendra par la suite « Centre Francophone de la Langue des Signes ».

Actions du C.F.L.S.

 

Créé pour favoriser l’épanouissement des sourds au sein de la société, le C.F.L.S. n’a cessé de travailler pour la reconnaissance de la langue des signes, pour sa diffusion et son apprentissage.

Le travail d’unification de la langue des signes de Belgique francophone s'est poursuivi et représente aujourd'hui environ 12.000 signes.

 

Le C.F.L.S. a organisé de nombreuses conférences et formations destinées à sensibiliser le public à la présence des sourds et à la communication en langue des signes. La gamme de ses publications a augmenté constamment avec l’édition de lexiques, de livres pour enfants, de livrets informatifs et de matériel didactique et ludique.

Pendant des années, le C.F.L.S. a également cherché à faire accepter l’idée de cours de langue des signes reconnus dans l’enseignement officiel et a contacté pour cela plusieurs ministères. C’est à partir de 1991 et durant 2 ans, que, grâce aux collaborations du Centre Comprendre et Parler et de Mme Y. Zegers de Beyl, le ministère de la Promotion Sociale nous a ouvert ses portes pour discuter des contenus de formations tant pour des formations tout public que pour des formations adaptées aux professeurs sourds enseignant depuis longtemps, mais sans diplôme. Enfin, les premiers cours de langue des signes d’un enseignement officiel s’ouvrent 1994.

Au cours du temps, le C.F.L.S.

a eu l’occasion de collaborer avec

de nombreuses entités : les autres centres

de cours et foyers des sourds,

des écoles d’enseignement spécial,

des organismes de loisirs, des

associations culturelles, des théâtres,

des musées,…

Bien sûr, le C.F.L.S. a connu des hauts et des bas mais n’a jamais cessé de poursuivre le travail pour lequel il a été créé.

PRESENTATION DE L'ASBL
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