Le bois du Cazier, qu'est-ce que c'est ?

C'est un charbonnage situé à Charleroi, plus précisément à Marcinelle. La concession houillère appartenait au baron De Cazier. A la mort du baron, la concession fut léguée à Madame Eulalie Desmanet ainsi que deux bois et la houille qu'ils pouvaient contenir.
Lors de l'inscription à la maison communale, on pense qu'une erreur de transcription a été commise, «De Cazier» devenant «Du Cazier».

Pourquoi est-il célèbre?

Le 8 août 1956, une terrible catastrophe fait 262 morts.
C'est l'accident de mine le plus grave en Belgique.


Que s'est-il passé?

Le 8 août 1956 est un jour comme les autres, les mineurs partent
travailler. 

275 mineurs rejoignent leur galerie par la cage d'ascenseur.
Ils l'empruntent les uns après les autres, par petits groupes,
et descendent jusqu'à 975 mètres de profondeur.

Lorsqu'ils sortent pour rejoindre leur galerie, ils font remonter la cage
pour permettre au prochain groupe de descendre à son tour et
ainsi de suite.

A leur poste, les mineurs travaillent, piochent, remplissent des chariots
de charbon et encagent le charbon récolté pour le remonter à la
surface. Toujours de la même manière, le chariot plein qui doit monter
expulse le chariot vide pour prendre sa place et être remonté.


A 8h10, suite à une erreur de compréhension, l'ouvrier qui encage et remonte les wagonnets, ne voit pas qu'un chariot n'est pas complètement sorti lors de son expulsion.
Lors du démarrage de la cage, le wagonnet qui n'est pas bien sorti dépasse et accroche une poutrelle. Celle-­ci endommage des câbles électriques, une canalisation d'huile et une conduite d'air comprimé.
Les étincelles électriques vont mettre le feu aux jets d'huile et l'incendie sera activé par l'air comprimé.
Le feu gagne rapidement la totalité de la mine. Le puits d'extraction ainsi que les galeries sont remplis de fumée et l'air ne passe plus.
Sept mineurs réussissent à remonter à la surface et appellent à l'aide pour sauver les mineurs restés à l'intérieur. Beaucoup de personnes se mobilisent pour entreprendre les recherches. 
Dans un premier temps, trois ouvriers sont sauvés. Ensuite, encore trois autres. Malheureusement, seuls ces 6 mineurs seront sauvés. La catastrophe cause beaucoup d'émotion tant en Belgique qu'en Europe.

Les gens suivent les informations pour savoir s'il y a des survivants. La télévision, les journaux et la radio relatent les opérations de sauvetage qui restent infructueuses. Les pompiers et les militaires se joignent à la mobilisation générale pour assister les recherches.

Le roi Baudouin se rend sur le site pour exprimer sa tristesse.

Un certain espoir demeure dans les familles qui attendent les résultats des recherches, massées devant les grilles du charbonnage.

Mais au bout de 15 jours, cet espoir disparaît.

Le 23 août, un des sauveteurs annonce la nouvelle: "Ils sont tous morts!".

Le charbonnage reste ouvert, les ouvriers continuent à y travailler. Il fermera ses portes en 1967 et sera laissé à l'abandon.

Au début des années 2000, un groupe de personnes cherchent un moyen de réhabiliter le site. La Région Wallonne obtient les fonds pour financer les travaux de remise en valeur du charbonnage. Celui-­ci est transformé en musée et ouvert au public en 2002.

Pourquoi faut-il visiter le Bois du Cazier ?

 

Les salles d'exposition témoignent de la richesse industrielle de Charleroi dans le passé. On peut y voir entre autres:

- Des films, des photos et des témoignages relatant les     conditions difficiles des mineurs.

- Des démonstrations de soufflage de verre grâce au       Musée du verre qui s’est installé sur le site.

- Des ateliers de forge et de fonderie.

Dans la période qui précède la catastrophe, les belges commencent à refuser de descendre dans les mines qu’ils jugent trop dangereuses. La Belgique fait alors appel à l’étranger pour recruter des travailleurs qui les remplaceront. C’est ce qui explique l’immigration italienne. Une salle leur est également consacrée. Parmi les 262 morts de la catastrophe, 136 sont italiens. Les autres sont originaires de 12 pays, dont notamment la Belgique, la Pologne, la Grèce, l'Allemagne, etc.

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Le Bois du Cazier est aujourd’hui un site culturel et touristique majeur. De site de mémoire, la nouvelle ambition du Bois du Cazier est d’évoluer vers un site de conscience développant une citoyenneté active dans la société contemporaine, sur des thèmes comme la sécurité au travail et les migrations. C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre aux 262 victimes de Marcinelle.

(Extrait du site officiel du Bois du Cazier)

Histoire 
                                                     

                        
La catastrophe du bois du Cazier